Congé menstruel : à quand en France ?

Congé menstruel : à quand en France ?

Le débat revient en France depuis plusieurs semaines et les différentes réformes du nouveau gouvernement. Emmanuel Macron a exprimé dans son programme être favorable à des réformes sociétales, comme la PMA (procréation médicale assistée) et une loi sur le harcèlement fait aux femmes.

Récemment interrogée sur RMC par l’animateur Jean-Jacques Bourdin, Marlène Schippa, secrétaire en charge de l’égalité, s’est dit favorable à un débat sur le congé menstruel, même si ce n’était pas intégré dans la feuille de route du gouvernement Macron.

Les règles, un problème ?

Oui, les règles douloureuses, aussi appelées « dysménorrhées » touchent entre 50 et 70% des femmes selon une estimation de l’assurance maladie. Cela peut aller de simple maux de ventres prémenstruels à des vomissements, de la fatigue intense, voir des évanouissements. Malheureusement toutes les femmes ne sont pas égales sur ce point.

conge menstruel

 

Les italiens, pionniers du congé menstruel en Europe ?

Au printemps dernier, des députés italiens ont proposé un projet de loi visant à accorder un congé menstruel payé de trois jours par mois aux femmes souffrant de règles douloureuses.

Pour cela, il leur faudra présenter un certificat médical annuel. A ce jour, la loi n’a pas encore été adoptée, mais l’Italie sera peut-être le premier pays d’Europe à adopter le congé menstruel.

L’Asie en avance sur le sujet !

Le Japon est le précurseur en la matière, le congé pour « dysménorrhée » existe depuis 1947 dans l’archipel. Les femmes ont ainsi le droit de prendre deux jours de congés menstruel, sous réserve d’un accord avec l’employeur.

D’après plusieurs journaux japonais, ce droit ne serait quasiment plus utilisé par les Japonaises qui estiment que ce droit n’a plus de sens dans la société actuelle, les femmes ayant de plus en plus de postes à responsabilité.

La Chine a depuis le 1er Mars instauré un congé menstruel de deux jours qui permet aux femmes subissant « des douleurs importantes » lors de leurs règles de s’arrêter de travailler. Il reste tout de même nécessaire de présenter un certificat médical.

D’autres pays d’Asie comme la Corée du Sud ou Taiwan (qui propose trois jours d’arrêt par an) ont déjà instauré le congé menstruel.

Plus près de nous, en Zambie, le congé menstruel a été adopté depuis 2015. Ce congés d’une durée d’un jour par mois est communément appelé « fête des mères » dans le pays. Les employeurs risquent des sanctions s’ils ne jouent pas le jeu, pourtant, il n’y aurait pas eu à ce jour de sanctions relevées.

Les féministes au créneau ?

Il faut bien l’avouer, le sujet semble porté par de nombreuses féministes qui entendent par ce biais lutter contre les inégalités homme femme. En effet, il est parfois difficile de travailler correctement, d’être correctement concentrée lorsque les petites anglaises nous arrivent.

Les nerfs s’ajoutant à nos douleurs, cela peut devenir un vrai supplice d’aller au bureau. Cette mesure semble donc encourageante, voir moderne dans notre société.

Nous pourrions rappeler aux hommes que chaque mois, nous avons un cycle, que nous ne sommes pas sur le même point d’égalité et qu’il pourrait tenir comptes de nos souffrances…

Féminisme oui, mais pas trop…

Car à y regarder de plus près, cela poserait de sérieux problèmes dans notre société à l’heure où nous discutons encore des inégalités salariales entre les hommes et les femmes.

Les femmes se battent tous les jours pour avoir les mêmes droits que les hommes, et ceux, depuis des années. Du coup, lors d’un recrutement, la balance pourrait pencher en faveur de l’homme, qui lui, couterait moins cher à l’entreprise car il y a moins de risques qu’il s’absente deux jours par mois…

C’est le problème qui se pose dans les pays qui ont appliqué le congé menstruel, les femmes n’osent pas en bénéficier de peur des inégalités de carrière qui peuvent en découler. L’autre problème est que notre employeur, nos collègues, bref toute notre entreprise connaitra précisément la date de nos règles… et c’est quand même très gênant.

Les risques d’inégalités entre les femmes pourraient s’accentuer. Imaginons que Marie demande son congé menstruel tous les mois et que, d’un autre coté Isabelle ne le demande pas. Si l’employeur doit choisir entre ces deux femmes pour une promotion, il risque d’avoir sa petite préférence pour celle qui ne pose pas le congé menstruel…

Et pourquoi pas une alternative ?

Imaginons un monde « social-libéral » (ce qu’il est un peu déjà !), un monde informatisé, un monde dans lequel chaque entreprise s’intéresse au bien-être du salarié.

Imaginons notre employeur nous proposant de travailler en télétravail par exemple lorsque les règles sont trop douloureuses, ça pourrait être l’alternative à une loi qui alourdirait encore le code du travail et risquerait d’augmenter les inégalités homme/femme.

Pour conclure

Ce débat n’a pas fini de déchainer les passions chez les pro ou chez les anti congés menstruels. Le gouvernement planche sur un nouveau code du travail, qui devrait être allégé. Intègreront-ils une nouvelle loi sur le congé menstruel dans ce nouveau code du travail, nous le saurons bientôt.

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