Complémentaire santé étudiante : laquelle choisir pour être couvert.e en France et à l’étranger pour vos stages ?

L’été commence, le lycée s’achève et vous êtes prêts à vous lancer dans une nouvelle vie, la vie étudiante. Vous commencez à vous émanciper mais ce n’est pas encore la totale indépendance.

Vous êtes inscrits pour poursuivre vos études c’est bien, mais est-ce que vous êtes assurés pour autant ? Si de tout l’été cette question ne vous a pas traversé l’esprit, sachez qu’il n’est pas trop tard pour bien faire les choses. On va donc prendre par la main afin de vous y retrouver dans les méandres administratifs que les adultes ont mis au point pour vous torturer l’esprit.

Et l’une des plus importante étape administrative de la vie d’un étudiant est le choix de sa complémentaire santé. Alors c’est parti !

La Sécu c’est bien, mais c’est quoi ?

Petit rappel de ce qu’est la Sécurité Sociale, c’est un organisme qui permet à tout individu inscrit évidemment, de recevoir un minimum de prestations contre les risques sociaux (maladie, accident, invalidité etc.).

Pour prévenir au mieux de ces risques sociaux, la Sécurité Sociale a mis en place différents régimes pour s’adapter au mieux selon les catégories socio-professionnelles.

En effet un métallurgiste n’aura pas les mêmes besoins qu’un enseignant (risques professionnels différents entre autres) et un étudiant (jeune adulte qui globalement est en bonne santé) qu’une personne retraitée (audition prévue sur le déclin, problème lié à la vieillesse).

Elle prend en charge certain frais selon un barème précis appelé Tarif Conventionnel. Au-delà de cette base de remboursement, il va donc exister les fameuses complémentaires santé.

Étant étudiant vous devez vous rattacher obligatoirement à la Sécurité Sociale. Même si l’une des promesses durant la campagne présidentielle est de supprimer le régime étudiant de la sécurité sociale, pour le moment, vous n’y couperez pas, pas de rattachement au régime général ou à celui de vos parents.

Cette inscription se fait par le remplissage d’un formulaire disponible sur le site www.ameli.fr, ainsi que le paiement d’une cotisation qui se règle en même temps que vos frais de scolarité. Cette cotisation pour la rentrée 2017-2018 s’élevait à 217 €.

Elle peut se faire également par la mutuelle étudiante que vous avez choisie, ce qui en fera votre interlocuteur unique pour tout remboursement. Elle sera donc en charge de votre sécurité sociale et de votre mutuelle.

Il existe néanmoins des exceptions à cette cotisation :

  • Les étudiants boursiers
  • Les étudiants de moins de 20 ans
  • Les étudiants travaillant pendant leurs études (contrat de travail ayant commencé avant le 31 août, effectuant au minimum 150 heures de travail en trois mois ou 600 en un an)
  • Les étudiants rattachés au régime de leur conjoint
  • Les étudiants dont les parents ont un régime spécifique (militaires, artisans, commerçants etc.)
  • Les étudiants dont le ou les parents sont agents de la SNCF.

Cette sécurité sociale étudiante ne s’applique qu’aux étudiants de 16 à 28 ans.

Il existe toutefois une exception à la Sécurité Sociale étudiante pour les étudiants inscrits dans une école privée non reconnue par l’État. Il faut que cet établissement privé ait une reconnaissance du ministère de l’éducation afin de pouvoir permettre cette affiliation à la mutuelle étudiante.

Spoiler arnaque, même si vous inscrivez dans plusieurs établissements, on ne peut vous demander qu’une seule1 fois la cotisation, à chaque demande donc plusieurs établissements. Après cette inscription, vous n’avez plus qu’à choisir votre complémentaire.

C’est quoi une mutuelle ?

La sécurité sociale à une action envers les membres de la société. Mais cette action est limitée et on se doit, pour garantir des remboursements efficaces e faire appel à une complémentaire santé ou à une mutuelle. Il est important de faire la distinction entre les deux.

La complémentaire santé est un système d’assurance visant à compléter les remboursements de la Sécu. Comme elle provient d’une assurance, est proposé par un organisme à but lucratif et les bénéfices ne sont pas reversés aux adhérents.

C’est là où la mutuelle est totalement différente. N’étant pas un organisme à but lucratif, si elle engendre des bénéfices (elles dépensent moins qu’elle ne collecte), les bénéfices sont reversés aux adhérents (les mutualistes) afin de faire baisser le prix des cotisations.

Ce système est d’ailleurs le plus répandu chez les étudiants cars statistiquement, il s’agit d’une frange de la population étant en meilleure santé que le reste. C’est pourquoi les mutuelles offrent des services de base à moins de 10 € par mois.

Combien de temps je suis couvert.e par une mutuelle étudiant ?

En ce qui concerne la durée, elle est en règle générale valable un an et se base sur l’année scolaire : elle commence en général à partir du 1er septembre jusqu’au 31 août. Il est tout à fait possible est également de la prendre en cours d’année pour un trimestre, un semestre, ou d’autre durée selon les offres disponibles.

Elle fait l’objet d’une reconduction tacite de la part de votre mutuelle si ces dernières vous fait un rappel de cette reconduction un mois avant l’échéance. La loi oblige à faire ce rappel au minimum 15 jours avant la date anniversaire.

Les mutuelles étudiantes sont également connues pour être réfractaires à la résiliation néanmoins il existe des possibilités au nombre de 3. Premièrement comme toute complémentaire santé, vous pouvez résilier à sa date anniversaire. Dans ce cas vous devez faire parvenir votre demande par courrier avec accusé de réception deux mois avant la date d’échéance.

Deuxièmement vous souhaitez résilier en cours d’année car vous avez trouvé du travail. Même dans ce cas les mutuelles se cachaient derrière l’argument du régime obligatoire pour refuser la résiliation. Le seul moyen est de démontrer que l’entreprise impose une complémentaire sou la forme d’un contrat collectif.

Enfin la raison la plus simple et que vous avez arrêté vos études. N’étant plus étudiant vous avez de fortes chances d’être couvert par le régime de sécurité sociale de vos parents. Dans ce cas il vous suffit tout simplement de demander un certificat prouvant votre qualité d’ayant droit et de la joindre à votre demande de résiliation.

Toute demande de résiliation, quelle qu’elle soit, doit se faire avec une lettre en recommandé avec accusé de réception.

Comment être couvert par ma mutuelle étudiante si je vais à l’étranger ?

Depuis bientôt 10 ans, il est devenu extrêmement facile de poursuivre son cursus à l’étranger. La valeur ajoutée est évidente, aussi bien au niveau de la richesse personnelle du renforcement des acquis et la valorisation future dans votre CV.

Mais est-il facile pour autant d’être assuré à l’étranger ? La réponse est simple oui, mais tout dépend du pays où vous vous rendez. Il faut savoir que votre sécurité sociale et mutuelle étudiante vous couvrent à hauteur du Tarif Conventionnel de l’assurance maladie.

Pour faire simple, si aller chez un médecin 90 € et que la sécurité sociale prend en charge 25 €, le reste est de votre poche.

Si vous restez dans l’union européenne, dans l’espace économique européen ainsi qu’en Suisse, il vous suffira de voir la Carte Européenne d’Assurance Maladie. Elle agira comme votre carte vitale en France.

Mais comme en France tout ce qui est au-delà du barème de référence reste à votre charge et c’est là où votre complémentaire étudiante prendra le relais. 15 jours avant notre départ, faites-en la demande car en dessous de ce délai sa validité passe d’un an à trois mois.

Si votre séjour se passe en dehors de l’union européenne il faudra contacter votre caisse d’assurance-maladie afin de vous délivrer un certificat provisoire de remplacement.

Mais la spécificité de votre séjour va déterminer la nécessité d’avoir une couverture à l’étranger. Si par exemple vous devait réaliser un séjour de moins de trois mois (un stage par exemple), votre carte de crédit peut suffire pour couvrir vos frais médicaux ainsi que le rapatriement.

L’exception Erasmus

Regardons maintenant ce qui se passe lorsque vous faites partie d’un programme d’échange type Erasmus : vous êtes inscrits en France et vous partez à l’étranger, il y a un échange universitaire. Comme vous dépendez de votre établissement d’enseignement vous êtes donc couverts par la sécurité sociale étudiante.

En dehors d’un programme d’échange, la situation est complexe car la prise en charge variera d’un pays à l’autre et sont susceptibles de varier énormément. Il n’y a que votre caisse d’assurance maladie qui répondra de manière très précise selon votre destination.

Si vous étudiez en dehors de l’Europe il existe deux cas de figure. Le premier est si vous avez moins de 20 ans. Dans ce cas serait affilié à la caisse d’assurance de vos parents et les remboursements se feront dans la limite tarifaire française.

Pour ce faire il y a trois conditions :

  • Fréquenter un établissement préparant un diplôme officiel (donc reconnue par l’État)
  • Fournir un certificat de scolarité
  • Et revenir au moins une fois en France au cours de l’année universitaire.

Sachez que ce remboursement ne vous dispense pas de régler les factures sur place et de remettre les justificatifs de paiement lors de votre retour en France.

Si vous est plus de 20 ans vous avez trois possibilités :

  • Vous inscrire auprès du régime étudiant en vigueur dans le pays d’accueil
  • Vous affilier au régime local de sécurité sociale s’il n’y a pas de régime étudiant
  • Adhérer à la Caisse des Français de l’Etranger si vous êtes de nationalité française.

Dans tous les cas de figure être dans un pays étranger comment France ne vous dispense pas d’avoir une mutuelle pour optimiser les remboursements des frais médicaux. Garder en tête que les États-Unis et les pays asiatiques sont extrêmement chers en termes de frais médicaux.

En dehors de l’Europe il existe des protocoles permettant de bénéficier d’une prise en charge des dépenses de santé. C’est le cas du Québec.  Et selon lequel figure, il existe différentes procédures.

Dans le cadre d’un échange universitaire, il vous faudra tout d’abord faire remplir le formulaire SE 401 Q 106 par votre université en France. Avec ce document pas besoins d’adhésion au régime local. En arrivant à Québec, il vous suffira de vous présenter à la régie de l’assurance-maladie du Québec avec ce formulaire pour vous y faire enregistrer. Vous bénéficierez donc des assurances maladie et maternité.

Si vous venez durant votre séjour à travailler sachez que les accidents de travail ou maladies professionnelles sont couvertes par la commission de la santé et de sécurité du travail.

Vous êtes plus aventureux de vous décider de vous inscrire aux universités québécoises. Dans ce cas il vous faudra demander à la caisse d’assurance-maladie le formulaire SE 401 Q 102 qui attestent votre appartenance au régime de sécurité sociale française précédent un départ pour le Québec.

En arrivant à destination il faudra vous enregistrer à la même régie d’assurance-maladie avec ce formulaire complété par d’autres documents :

  • Un certificat d’acceptation pour étude délivrée par le ministre québécois des relations avec ses citoyens et de l’immigration
  • Une pièce d’identité (tant qu’à faire un passeport, c’est plus sur)
  • L’attestation d’inscription à une université québécoise

Que faire si je déménage pour rester couvert.e ?

Si pour des raisons de cursus ou tout simplement pour des raisons familiales vous devez changer d’université, doit-on changer de mutuelle étudiante ? À cette question, la réponse est oui et non.

Si vous êtes adhérents à une mutuelle nationale type LMDE, il faudra préciser à votre inscription quel est votre mutuelle tout simplement. Pour les mutuelles régionales, elles font partie d’un réseau où chacune d’entre elles dispose d’une zone d’action.

Si vous souhaitez rester dans ce réseau, en changeant de région, vous changez obligatoirement de mutuelle. Lors de votre inscription, il suffira de préciser la mutuelle correspondante à la région où vous vous trouvez.

Quelle solution choisir pour ma complémentaire santé ?

Et pour s’assurer, comment choisir ? Pour un étudiant il existe quatre options différentes pour se prémunir de tout tracas.

La première solution, utilisée par deux étudiants sur trois est tout simplement de se rattacher à la mutuelle parentale. C’est très souvent la solution la plus simple et la moins coûteuse. En effet grâce à l’obligation des entreprises de proposer une mutuelle aux employés, ces dernières sont collectives et proposent très souvent des prestations de meilleure qualité qu’une complémentaire individuelle.

Vous pouvez tout à fait opter pour la mutuelle étudiante lors de votre inscription. Vous pouvez choisir votre complémentaire auprès de la mutuelle étudiante gérant votre sécurité sociale. Elle sera d’ailleurs votre interlocuteur unique en cas de pépin.

Elles ont quelques points de différence par rapport mutuel classique :

  • Souscription pour une durée réduite possible (à partir de trois mois)
  • En charge des actes préventifs (comme la contraception)
  • Elles proposent très souvent des forfaits de base inférieurs à 10 € par mois

Ces formules peuvent être très économiques mais au vu des forfaits de base, la qualité n’est pas toujours au rendez-vous d’où l’autre option qui se présente à vous.

En termes d’alternative vous pouvez tout à fait opter pour une mutuelle classique. Cette formule déconseillée pour des personnes ayant souvent recours aux dépassements d’honoraires, aux remboursements de médicaments ou le recours fréquent à des spécialistes (opticiens, dentistes etc.).

Gardez bien l’esprit que même si les couvertures sont plus avantageuses, le montant des cotisations s’en fera ressentir. Mieux vous êtes protégés, plus vous avez payé.

Enfin il existe une mutuelle, la plus simple qui soit nommée formule hospitalisation. On ne peut pas faire plus simple, tout ce qui n’est pas couvert par la sécurité sociale n’est pas pris en charge à l’exception des frais d’hospitalisation, qui est la garantie indispensable.

Combien ça coute une mutuelle pour étudiant.e ?

Le prix d’une mutuelle va dépendre des options que vous choisissez. Plus vous est demandé un remboursement important sur différents postes de dépenses : médicaux, optiques, auditions, hospitalisation etc. plus votre cotisation sera importante. Pour vous donner un ordre d’idée complémentaire peut aller de 5 à 40 € par mois.

Pour certaines personnes, qui n’ont ni bourse ni parents pour pouvoir les aider, vous avez la possibilité de faire appel à la CMU, la couverture maladie universelle. Cette complémentaire santé gratuite est délivrée aux personnes précaires.

Elle peut vous être délivrée si vous bénéficiez d’une aide d’urgence annuelle du CROUS (service public de la vie étudiante). Il vous suffit donc de vous rendre au centre régional des œuvres universitaires et scolaires dont vous dépendez. Faire une demande d’aide d’urgence et ainsi bénéficier également de la CMU.

Sachez également qu’il existe de spécifiques apportées par la Région. Elle ne concerne que les élèves boursiers le montant attribué par la Région peut monter jusqu’à 200 € et donc couvrir une bonne partie de vos cotisations annuelles.

Nous insistons sur le fait que ces aides sont dans les conditions spécifiques. Un étudiant vivant chez ses parents, figurant sur déclaration fiscale ne pourra en aucun cas recevoir cette aide du principe que ces parents peuvent pourvoir à ce financier.

Je fais comment pour choisir ma complémentaire étudiant ?

Si vous optez pour complémentaire ou une mutuelle étudiante sachez que le choix se fera bien plus facilement que pour le reste de la population. En effet il existe très peu de solutions nationales, elle se résume à deux organismes : la mutuelle des étudiants (LMDE) ou la mutuelle générale de l’éducation nationale (MGEN).

Pour ce qui est des autres offres, elle va tout simplement dépendre de votre localisation. Il a été mis en place un réseau de mutuelle régionale, connue sous le nom de Emevia. Ce réseau regroupe une dizaine de mutuelles étudiantes, répartis sur le territoire français.

C’est pour ça qu’il est important de faire une comparaison entre la mutuelle de vos parents, l’option mutuelle classique et enfin la mutuelle étudiante. Au-delà de la comparaison, voici quelques conseils pour faciliter votre choix.

Il est plutôt conseillé d’opter pour la mutuelle des parents. Comme expliqué plus haut, ceci le permet en général jusqu’à l’âge de 21 ans. Vous pouvez donc profiter pendant quelques années selon la durée de vos études, un système souvent bien plus simple, moins onéreux et plus rapide.

Comme la concurrence est contrôlée par le nombre restreint de possibilités, le système de mutuelle étudiante a souvent été décrié par une mauvaise qualité de service : lenteur dans les remboursements, dans la délivrance des cartes vitales etc.

L’offre ne peut ne permet pas de faire jouer la concurrence, par conséquent l’efficacité des organismes en place n’est pas remise en cause.

N’oublions pas que ces critiques sont le fruit d’expériences de personnes découvrant, en partie, la vie en dehors du cocon familial. Pouvant difficilement souffrir d’une autre comparaison, cette première expérience mais que le premier contact avec un monde régi par les règles et procédures.

Une première fois ne donne pas suffisamment d’euros sur la situation et le ressenti général. On ne peut pas tirer de généralités sur le sur le mauvais traitement d’un seul dossier. Les circonstances doivent se répéter pour montrer l’efficacité ou l’inefficacité d’un système.

Ce qui va donc vous éclairer dans votre choix se sont donc et surtout des options qui s’offrent à vous et dont vous avez besoin.

La première chose à se demander est tout simplement de savoir si on est en bonne santé. Si vous n’avez pas de souci particulier, il vous sert strictement à rien d’opter pour des remboursements au niveau optique si vous ne partez pas lunettes ou dentaires si vous n’avez jamais vu Carrie et vous faites un contrôle régulier chez le dentiste.

En revanche, si vous avez besoin de vous rendre chez spécialistes (où les dépassements d’honoraires sont monnaie courante) il vous sera donc nécessaire de bien choisir vos options afin de vous garantir un meilleur remboursement.

Si vous avez une maladie chronique (par exemple le diabète), vous avez donc avoir un besoin médicaments réguliers qu’il faudra faire prendre en charge par cette mutuelle. Tous les médicaments ne sont pas systématiquement remboursés par la Sécu.

Choisir sa mutuelle va s’avérer simple si vous tenez compte de toutes ces remarques à partir de là, il vous sera extrêmement facile de pouvoir tousser comparer et de trouver la formule qui vous convient le mieux.

Si cet article vous a aidé, merci de nous le faire savoir en commentaires et de suivre à vos copains / copines qui ne savent toujours pas quoi faire 😉 !

Complémentaire Santé Étudiante
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